Les experts supposent que les maladies vénériennes sont en augmentation en Allemagne. Mais comme les personnes concernées n’en parlent pas, les nouvelles infections sont toujours difficiles à éviter. Cela va changer. Parce que désormais, par une notification en SMS, les sujets atteints par ces infections peuvent avertir leurs anciens partenaires sur l’éventuelle transmission des maladies et pour que ces derniers puissent se dépister et se soigner.

Les partenaires sont avertis par SMS et par courrier électronique

Depuis cet été, les patients du Centre de santé et de médecine sexuelles “Walk in Ruhr”, à Bochum, peuvent envoyer des messages aussi courts à leurs anciens partenaires sexuels, pour éviter l’éventuelle transmission des maladies. Sur un site web, ils peuvent choisir entre différentes formulations. Si on le souhaite, on peut aussi ne donner aux destinataires qu’une vague d’indication sur un risque possible pour sa santé. Pour le faire, la notification peut être envoyée par SMS ou par e-mail. Un numéro de téléphone et la mention “confidentiel” suivent l’avertissement comme : “un de vos amis a une infection à la syphilis et aimerait que vous vous fassiez dépister et soigner”.  

Les alertes anonymes par SMS visent également à réduire le nombre élevé de cas d’IST non signalés. Ainsi, le système vise à minimiser le risque de retransmission des maladies sexuellement transmissibles du partenaire non traité au partenaire traité.

La lutte contre les maladies vénériennes

Tripper ne rapporte que des cas de Saxe. Avant la journée mondiale de la santé sexuelle, l’experte en infections sexuellement transmissibles de l’institut Robert Koch (RKI) de Berlin, Viviane Bremer, a déclaré que les chiffres augmentent déjà, sans interruption, depuis des années. La tendance est similaire dans toute l’Europe occidentale où les infections sexuellement transmissibles sont à nouveau en hausse. D’après son analyse, il y a un manque de sensibilisation de ce sujet, dans la population, surtout dans le groupe à risque comme les personnes de moins de 25 ans, à l’exception du VIH.

De son côté, le Centre fédéral pour l’éducation à la santé (BZgA) annonce que : afin de sensibiliser davantage les jeunes sur le sujet des IST, désormais, ils doivent être mis en avant dans les cours spéciaux, dispensés par les médecins dans les écoles du pays. L’objectif est d’identifier les signes de ces maladies.

La plupart des patients sont en retard chez le médecin

L’offre montre que même à une époque où le sexe est présent en permanence dans les médias, les infections sexuellement transmissibles (IST) restent associées à une stigmatisation. A cet effet, selon l’explication de Norbert Brockmeyer, le directeur du centre, de nombreuses personnes concernées n’ont pas osé parler leurs peines. C’est pourquoi, depuis quelques années, une augmentation de l’incidence de ces maladies est constatée, en Allemagne. Alors qu’elles sont considérées comme déjà vaincues, telles que la syphilis et la gonorrhée. Dans le cas de la syphilis, le nombre de cas a de nouveau augmenté de manière significative depuis 2010, en particulier dans les grandes villes comme Berlin et surtout chez les homosexuels.

Nobert Brockmeyer, qui est également président de la société allemande des IST, explique aussi que dans l’ensemble, en moyenne, un patient sur deux se présente en retard chez le médecin avec son problème. C’est-à-dire, uniquement dans le cas où les symptômes prononcés, parfois incurables, sont déjà apparus. C’est pourquoi, il a déclaré qu’ils sont, eux aussi, très intéressés par l’extension de l’offre à l’échelle nationale.

Aux États-Unis, il existe des applications comparables sur le marché. Mais, elles ne sont guère utilisées. Les utilisateurs craignent une utilisation abusive des données. Mais, c’est différent si un établissement médical est à l’origine de l’offre. De son côté, l’épidémiologiste Bremer considère les alertes SMS comme une super approche. Souvent, les femmes sont encore traitées par un gynécologue, alors que les hommes concernés n’ont pas ce lien et ne sont pas traités pour l’instant.

Les infections sont-elles faciles à traiter ?

Ces infections sont considérées comme facilement traitables. Mais pour combien de temps encore ? Les experts s’inquiètent de cette situation car il existe une résistance croissante aux antibiotiques courants, en particulier, dans le traitement de la gonorrhée. Viviane Bremer a déclaré qu’en Allemagne, ils n’ont eu que des cas isolés jusqu’à présent. C’est pareil pour le cas de l’Asie de l’Est, la résistance est plus répandue jusqu’aujourd’hui.

Dans une moindre mesure, des développements de résistance sont également observés dans la syphilis et la chlamydia. Ces dernières sont considérées comme très répandues chez les jeunes femmes et les jeunes hommes. En partie, parce que l’infection bactérienne est souvent largement asymptomatique. Ainsi, si elles ne sont pas traitées, la stérilité et les fausses couches peuvent parfois en résulter.

Ce n’est pas la seule infection sexuellement transmissible qui peut causer de graves conséquences. M. Brockmeyer a déclaré qu’ils constatent plus de carcinomes causés par les papillomavirus humains (HPV) et ils sont parfois plus actifs. De plus, en Allemagne, le taux de vaccination des filles est bien trop faible, seulement 30 %, même en comparaison internationale. Par conséquent, la vaccination contre le VPH est recommandée avant le premier rapport sexuel. Parce qu’elle peut réduire le risque de cancer du col de l’utérus.

Brockmeyer souligne également que l’obstacle à la lutte contre les maladies vénériennes est généralement encore plus important pour les femmes que pour les hommes. Les infections sexuellement transmissibles sont encore moins tolérées par la société. Ainsi, les femmes sont très inquiètes de leur réputation. L’expert observe même un seuil d’inhibition croissant chez les jeunes pour parler des maladies vénériennes. Bien que le porno soit facilement accessible aux jeunes de 12 ans, les films créent des normes déformées pour leurs propres organes sexuels. De toute façon, ceux qui ont un problème avec leur propre corps ne veulent pas en parler à leur médecin qu’en cas de difficulté, selon l’expérience.

Cependant, il y a aussi une évolution possiblement positive. Contrairement à la tendance à la hausse des infections sexuellement transmissibles, le nombre de nouveaux diagnostics de VIH l’année dernière était légèrement inférieur à celui des années précédentes, soit environ 3 400. Viviane Bremer déclare qu’ils ne savent pas encore s’il s’agit vraiment d’une nouvelle tendance. C’est peut-être le début d’une amélioration.