Le terme de ménopause décrit l’arrêt du fonctionnement ovarien. Si elle survient en moyenne à 51 ans, la ménopause est dite précoce si elle apparaît avant 45 ans. Chez certaines femmes (1,9%), l’arrêt de l’ovulation peut survenir avant 40 ans, parfois bien plus tôt. On parle alors d’insuffisance ovarienne prématurée (IOP). La chaleur et les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale et les cycles menstruels irréguliers sont des signes connus de certains changements dans le corps de la femme et indiquent que la ménopause approche. Si c’est le cas pour une femme entre 48 et 52 ans, il n’y a rien d’anormal au-delà de ce qui est prévu pour les femmes de cet âge. Cependant, si ces signes physiques commencent à apparaître chez les femmes de moins de 45 ans, il peut s’agir de l’apparition d’une ménopause précoce. Les médecins qualifient souvent la ménopause précoce de fin des fonctions reproductrices féminines. Cela peut se produire chez les femmes qui subissent des traitements de chimiothérapie et/ou de radiothérapie, car dans ces cas-là, le traitement endommage les ovaires.

Quels sont les symptômes de la ménopause précoce ?

Le premier signe de l’insuffisance ovarienne prématurée est la perturbation des cycles menstruels, qui peut être variable selon les femmes. Pour certaines, le diagnostic est posé après l’apparition d’une aménorrhée secondaire (une absence de règles de plus de 3 mois chez une femme ayant déjà eu ses menstruations). En l’absence de reprise de l’ ovulation, cette aménorrhée peut devenir définitive. Toutefois, la reprise de l’activité ovarienne reste possible chez une femme sur deux environ, avec un retour des menstruations parfois plusieurs années après le diagnostic. D’ailleurs, la production d’œstrogène, l’ovulation et la grossesse naturelles sont probables chez 5 à 10 % d’entre elles. Pour d’autres, les menstruations varient en fréquence et en intensité (oligoménorrhée). D’autres symptômes, dus à la carence en œstrogènes et similaires à ceux rencontrés par les femmes dont la ménopause est plus tardive, peuvent apparaître. Les manifestations de ce syndrome climatérique : des troubles vasomoteurs, comme bouffées de chaleur, hypersudation, palpitations, des insomnies, des troubles de l’humeur ou irritabilité, une sécheresse vaginale, des troubles urinaires : brûlures mictionnelles, impériosité ou envie pressante pour laquelle on peut pas se retenir, une baisse du désir et des troubles de la sexualité, une variation pondérale et plus rarement, une dépression, voire des troubles de l’attention et de la mémoire.

Comment expliquer une ménopause précoce ?

Dans la très grande majorité des cas, les origines de l’insuffisance ovarienne prématurée ne sont pas retrouvées. Toutefois, certains antécédents familiaux, pathologies et causes iatrogènes (liés à un traitement médical) sont systématiquement recherchés par le praticien, à savoir : une maladie auto-immune ou hypothyroïdie, hypoparathyroïdie, maladie cœliaque, diabète de type 1, polyarthrite rhumatoïde, maladie de Basedow ou d’Addison, des antécédents de chimiothérapie, radiothérapie ou de chirurgie ovarienne, des antécédents familiaux d’IOP, des antécédents familiaux laissant penser à des prémutations du gène FMR1 région FRAXA du chromosome X associée au Syndrome de l’X fragile notamment. En outre, les infections virales telles que les oreillons et celles qui surviennent pendant la grossesse peuvent affecter le développement des ovaires chez la jeune fille, entraînant également une ménopause précoce. Une insuffisance ovarienne précoce peut avoir des causes génétiques ou être la conséquence de maladies auto-immunes. Le traitement du problème implique une thérapie hormonale de substitution pour soulager les symptômes et maintenir la masse osseuse. La plupart des femmes chez qui on diagnostique une FOP sont stériles, mais on signale des grossesses chez les femmes concernées. 

Quelles sont les conséquences d’une IOP ?

L’effet de la ménopause précoce le plus prégnant chez les femmes en âge d’avoir un projet parental est généralement l’infertilité. Toutefois, à plus long terme, l’IOP à d’autres répercussions sur la santé. Ainsi, elle peut favoriser les fragilités osseuses et les fractures dues à l’ostéoporose, ainsi que les maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, environ 3 % des femmes atteintes d’IOP sont susceptibles de développer une insuffisance surrénale auto-immune, qui, si elle n’est pas dépistée, peut s’avérer grave.  Face à une suspicion d’IOP, plusieurs examens sont menés en premier intention, à savoir : un test de grossesse et des sérologies pour évaluer le taux de prolactine, de FSH et d’œstradiol. Une fois l’insuffisance ovarienne prématurée confirmée, le praticien peut préconiser la réalisation: d’un caryotype pour identifier d’éventuelles anomalies de nombre ou de structure du chromosome X (syndrome de Turner, triple X, Délétion du X, chromosome X en anneau…), d’une recherche des prémutations du gène FMR1 pour dépister une insuffisance ovarienne liée à une prémutation de la région FRAXA.

Quels sont les traitements de l’Insuffisance ovarienne primaire ?

En cas de ménopause précoce, plusieurs traitements peuvent être envisagés, notamment en cas de désir d’enfant. Le traitement de l’infertilité. Même si les grossesses spontanées restent possibles, elles sont très rares tant la capacité d’ovulation des femmes atteintes d’OIP est amoindrie. D’ailleurs, c’est là la principale problématique à laquelle sont confrontés les spécialistes de l’infertilité : il n’existe aucun traitement dont l’efficacité est avérée pour rétablir l’ovulation en cas de ménopause précoce. Toutefois, deux pistes de thérapies peuvent être creusées selon le profil des patientes: un protocole à base de gonadotrophines combinées avec de l’œstrogène, qui semblerait sensiblement améliorer le taux d’ovulation ou encore une FIV avec don d’ovocytes. Au-delà de l’infertilité, il est essentiel, face à une ménopause précoce, de prévenir les effets de la carence en œstrogènes. Un traitement hormonal imitant l’ovulation à base d’œstradiol (par voie oral ou cutanée) et de progestérone est alors recommandé pendant les 12 premiers jours du mois. En outre, l’ablation chirurgicale des ovaires est également l’une des causes de la ménopause précoce. Dans les deux cas, la production d’hormones sexuelles féminines est altérée, ce qui provoque les symptômes de la ménopause – qui, selon les médecins, est l’événement de la dernière menstruation. Lorsque les symptômes commencent à apparaître chez les femmes de moins de 40 ans, il peut s’agir d’une insuffisance ovarienne précoce (OPE), qui, selon le projet de directives, un document rédigé par la société brésilienne d’endocrinologie et de métabolisme, publié en 2006, est une insuffisance gonadique avant l’âge de 40 ans qui touche une femme. Une insuffisance ovarienne précoce peut avoir des causes génétiques ou être la conséquence de maladies auto-immunes. Le traitement du problème implique une thérapie hormonale de substitution pour soulager les symptômes et maintenir la masse osseuse.