La ménopause est un passage obligatoire pour toutes les femmes approchant de la cinquantaine. Pour rappel, elle désigne l’arrêt définitif des cycles menstruels. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’une femme est ménopausée après une année entière sans règles. En France, la moyenne d’âge pour l’apparition de la ménopause est de 51 ans. Elle est considérée comme précoce lorsqu’elle intervient avant  41 ans, tardive lorsqu’elle survient après 55 ans. Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale… Certaines femmes en ressentent particulièrement les effets. L’hormonothérapie n’est pas le seul moyen de traiter les symptômes de la ménopause. Dans quels cas faut-il prendre un traitement hormonal de substitution ? Quelles solutions plus naturelles peut-on envisager ? Quelques méthodes alternatives choisir pour aider à soulager la ménopause ?

Les traitements symptomatiques non hormonaux

– Pour les bouffées de chaleur :

L’effet placebo améliore les signes dans 50% des cas. Les préparations à base d’herbes ou de plantes, contenant essentiellement des phyto-œstrogènes, l’homéopathie peuvent être prescrits. La Haute autorité de santé a mis en garde pour ces traitements qui contiennent des estrogènes végétaux (phytoœstrogènes), qui ne sont pas bien évalués. On ne sait donc pas s’ils sont dangereux ou pas, faute d’études. La vitamine E, la béta-alanine, la clonidine sont des thérapeutiques des bouffées vasomotrices. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine peuvent également être prescrits.

– Pour la sècheresse vaginale : 

Les hydratants et lubrifiants vaginaux sont utiles pour améliorer la sexualité. Effectivement, la baisse des taux d’hormones entraîne le manque de lubrification du vagin et des douleurs vulvaires spontanées ou lors de la pénétration et parfois une diminution de la libido, du plaisir ou de l’orgasme. Il faudra cependant aussi prendre en compte les problèmes psychologiques, problèmes avec les enfants et sociaux comme chômage et pré retraite, sans oublier le partenaire. Effectivement, le partenaire peut avoir des problèmes de santé, avec des difficultés d’érection, et cela peut engendrer moins de sollicitations sexuelles, parfois interprétées par la femme comme des signes de désamour. Le passé peut aussi altérer la sexualité et le présent peut être responsable de tendance dépressive. La sexualité après la ménopause est très souvent corrélée à la sexualité avant la ménopause.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM)

– Les troubles de la préménopause :

Les irrégularités menstruelles, les règles trop abondantes, les douleurs mammaires ou abdominales sont liées à une carence en progestérone, l’ovulation ayant disparu. Un traitement à base de progestérone peut être proposé du 15e au 25e jour après le début des règles. Ce soin n’empêche pas la ménopause, dont on s’apercevra lorsque les règles disparaîtront.

– La ménopause confirmée :

Le traitement hormonal repose sur la prescription des deux hormones qui ne sont plus sécrétées par l’ovaire, les estrogènes et la progestérone ou ses dérivés. Ces deux hormones peuvent être absorbées par voie orale, voie percutanée (avec un patch que l’on colle sur la peau) ou par voie vaginale, exactement comme la contraception. Si la patiente a bénéficié de l’ablation de l’utérus, on peut ne pas donner la progestérone, mais si la patiente a son utérus, les deux hormones sont obligatoires pour éviter l’apparition d’un cancer du corps de l’utérus. Il semble que les soinsqui se rapprochent le plus des hormones naturelles et qui sont pris par voie percutanée comportent moins de complications. 

Des crèmes contenant un peu d’hormones œstrogéniques peuvent être utilisées pour améliorer l’aridité de la vulve et du vagin. Elles sont sans danger ; peu d’hormones passant dans la circulation sanguine. Les avantages des traitements hormonaux de la ménopause sont : leur efficacité sur les troubles comme les bouffées de chaleur, les insomnies, le manque de lubrification du vagin, le vieillissement de la peau. Elles ont aussi un rôle de prévention de l’ostéoporose, à condition de les prendre longtemps, ce qui n’est pas recommandé, et leur conséquence ne dure pas au-delà de 5 ans après l’arrêt. La prise de ces hormones diminue aussi le risque de tumeur du corps de l’utérus, des ovaires et du colon.

Traitement alternatif des symptômes de la ménopause

Bien que les femmes soient satisfaites des soins médicaux en moyenne, il y a une exception, les conseils et l’offre de méthodes de guérison et de remèdes alternatifs pour traiter les plaintes climatiques. Près d’un tiers des femmes sont insatisfaites des services de leur médecin dans ce domaine. Dans le cadre de leur pratique régulière, les médecins n’ont souvent pas le temps de répondre aux besoins de discussion particuliers des femmes concernées. C’est pourquoi des services complémentaires doivent être créés pour répondre aux besoins des femmes en matière de conseils et de soins individuels, médicalement compétents et globaux. Aussi différentes que soient les causes des symptômes de la ménopause, les solutions possibles le sont également.

Celles-ci (les solutions) dépendent, entre autres, des facteurs suivants :

Un mode de vie conscient peut aider

Le facteur de réussite le plus important est de faire prendre conscience aux femmes qu’elles sont responsables de leur propre santé et qu’elles peuvent y remédier par elles-mêmes. Les recommandations pour un mode de vie conscient, c’est-à-dire une alimentation équilibrée, un exercice régulier et l’évitement du stress, devraient donc être à la base de toutes les approches thérapeutiques. Une alimentation saine et équilibrée peut non seulement contribuer à atténuer les manifestations, mais aussi à prévenir l’ostéoporose ou les troubles cardiovasculaires.

Le sport contre les plaintes climatiques

L’exercice physique a des conséquences tout aussi bénéfiques. Nager ou faire du vélo pendant 30 minutes deux à trois fois par semaine seulement soulage les bouffées de chaleur et la transpiration, renforce le système immunitaire et améliore le sommeil. Le sport aide à lutter contre de nombreux symptômes de la ménopause. Les muscles et le tissu conjonctif peuvent être resserrés, le métabolisme osseux stimulé et l’obésité évitée. Beaucoup d’exercice peut ralentir les processus de décomposition de l’organisme. Toutefois, avant de commencer votre activité sportive, vous devez subir un examen médical pour déterminer votre aptitude physique.

Possibilités de la naturopathie

De nombreuses possibilités offertes par la naturopathie et la médecine conventionnelle permettent d’atténuer les troubles végétatifs. Les méthodes alternatives telles que les phytoestrogènes et les préparations à base de plantes sont au premier plan. Mais les remèdes homéopathiques et la médecine orthomoléculaire apportent également le soulagement souhaité. Le médecin peut prescrire des médicaments contenant des œstrogènes pour atténuer les symptômes. Le thé à la sauge inhibe la sécrétion de sueur et peut donc être utilisé contre les bouffées de chaleur désagréables. Les bains de pieds alternés aident à lutter contre les problèmes circulatoires, l’insomnie ou l’hypertension : mettez vos pieds dans l’eau chaude pendant 5 minutes, 30 secondes dans l’eau froide, 5 minutes dans l’eau chaude ; puis à nouveau dans l’eau froide pendant 30 secondes. Ensuite, tamponnez vos pieds et mettez des chaussettes chaudes en laine. 

Une alimentation saine et équilibrée et un apport en vitamines, minéraux et oligo-éléments sont particulièrement importants dans cette phase de la vie.

Plantes médicinales

Aujourd’hui, des remèdes à base de plantes sont également disponibles pour le traitement des symptômes de la ménopause. La phytothérapie est particulièrement adaptée au traitement des réactions immédiates après l’arrêt de la production d’estrogènes, telles que la transpiration, les bouffées de chaleur et les vertiges. La bougie en argent (Cimicifuga racemosa) a la plus grande importance dans le soin des plaintes climatériques. Les signes climatiques s’améliorent généralement après 4 à 6 semaines d’utilisation. Les remèdes contenant la substance active de la bougie aux raisins d’argent peuvent également être pris avec des préparations hormonales, car on ne connaît pas d’interactions ou de contre-indications correspondantes. En plus de la cimicifuga, le millepertuis (Hyperici herba) joue un rôle important dans le soin des perturbations mentales. Il soulage l’anxiété et la tension ainsi que les humeurs dépressives. La conséquence ne se fait sentir qu’après une à deux semaines environ. Lorsqu’elles prennent du millepertuis, les personnes à la peau claire doivent éviter de s’exposer intensivement au soleil en raison d’un possible effet photosensibilisant.

L’homéopathie pour les troubles de la ménopause

Les remèdes homéopathiques sont également utilisés avec succès dans le traitement des perturbations climatériques, le plus souvent Acidum sulfuricum, Aristolochia, Cimicifuga, Lachesis ou Sepia. Une aggravation initiale des symptômes ne se produit pas nécessairement, mais d’un autre côté, c’est un bon signe pour la thérapie et signifie que le remède approprié a été trouvé pour le patient.

La thérapie par les fleurs de Bach pour l’harmonisation de l’âme

La thérapie des fleurs de Bach apporte une harmonisation spirituelle entre le cœur du patient et son comportement quotidien au niveau personnel. Le choix des fleurs est fait en fonction de l’état émotionnel du patient. Les signes physiques, en revanche, ne jouent aucun rôle.

Les risques du cancer augmente avec la durée du traitement hormonal de la ménopause (THM)

De nombreuses femmes suivent un traitement hormonal au moment de la ménopause dont les signes sont très inconfortables. Une étude épidémiologique publiée ce vendredi affirme que les femmes suivant ces traitements ont un peu plus de menaces de développer un cancer du sein. Cette étude publiée dans la revue britannique innove car elle quantifie le risque pour chaque type de soin. 58 enquêtes épidémiologiques portant sur plus de 100 000 femmes au total ont été passées au peigne fin pour rendre ce rapport. Le rapport publié est composé d’enquêtes observationnelles, qui mettent en évidence un lien statistique mais ne démontrent pas de lien de cause à effet entre la tumeur des femmes concernées et le traitement suivi. Selon leurs conclusions, tous les traitements hormonaux de la ménopause (THM) sont associés à un risque accru, à l’exception des gels aux œstrogènes pour application locale.

D’après leurs calculs, une femme de cinquante ans qui suit pendant cinq ans un THM associant des œstrogènes et de la progestérone en continu a 8,3% de probabilité de développer un cancer du sein dans les vingt années qui suivent le début du soin. Ce risque est de 6,3% pour les femmes de même génération qui n’ont, elles, subi aucun traitement. La proportion serait de 7,7% pour celles ayant suivi un traitement de même temps avec estrogènes et progestérone par intermittence (pas tous les jours), et de 6,8% pour celles traitées par œstrogènes seuls, estiment les chercheurs. Par ailleurs, le risque augmente avec le moment du traitement. L’utilisation d’un THM pendant 10 ans entraîne un excès de menace de cancer du sein environ deux fois plus élevé que celui associé avec un soin de cinq ans. Mais, il apparaît que l’utilisation d’un THM pendant moins d’un an entraîne peu de risque. 

Les risques des traitements hormonaux substitutifs

Comme tout médicament, le THS a des effets indésirables, que plusieurs études publiés récemment ont brutalement mis en lumière. Le THS estime que le soin augmente le risque de survenue du cancer du sein par rapport aux femmes concernées non-traitées. Cette hausse de menace ne laisse que peu de doute pour les THS oestroprogestatif. Cependant, ce danger pourrait varier en fonction du type de progestatif utilisé mais ces données nécessitent d’être confirmées. A contrario, les enquêtes restent discordantes vis-à-vis des oestrogènes seuls. Enfin, il n’est pas possible de déterminer une durée de traitement sans sur-risque lié au soin.

Une étude française, appelée E3N, permettent d’apporter quelques précisions concernant les produits utilisés dans l’hexagone. Elle confirme en grande partie les conclusions de l’Afssaps. Globalement, les utilisatrices de ce soin ont un risque plus élevé de cancer du sein (+ 20 %) même lorsque le traitement est de court moment, inférieure à deux ans. Mais ce risque semble différer en fonction de l’association hormonale utilisée : la combinaison oestrogène+progestatif de synthèse serait plus à risque avec une augmentation de 40 % du danger quel que soit le mode d’administration. Les estrogènes seuls, utilisés par les femmes hystérectomisées dont l’utérus a été ôté chirurgicalement, n’augmenteraient pas la menace de tumeur du sein. Nouveauté cependant, la combinaison oestrogène+progestérone micronisée semble dépourvue de conséquence cancérigène, tout du moins à court terme. Des résultats qui restent cependant à confirmer sur le long terme. Le soin reste ainsi formellement contre-indiqué en cas d’antécédent personnel de tumeur du sein.

Les données disponibles ne permettent pas d’établir de lien entre la prise de THS et la survenue de la tumeur de l’ovaire. Le risque de tumeur de l’endomètre serait cependant augmenté par une cure par oestrogènes seuls uniquement  Notons cependant que l’absence de traitement hormonal ne supprime pas le danger de tumeur de l’endomètre qui augmente avec l’âge.

– Maladies coronariennes : 

Contrairement à ce que l’on pensait jusqu’à la fin des années 1990, les THS oestroprogestatifs seuls n’ont pas de résultat protecteur sur les perturbations cardiovasculaires (infarctus du myocarde, insuffisance coronarienne ou angine de poitrine). Il existe même une montée du risque coronarien sous traitement oestroprogestatif chez les femmes de 50 à 79 ans présentant avant la cure une faible menace cardiovasculaire (étude WHI). 

– Accident vasculaire cérébral (AVC)

Le THS n’apporte pas non plus de protection face au risque d’ accident vasculaire cérébral. Chez les femmes ayant un faible risque cardiovasculaire, il existe même une hausse de menace d’AVC sous traitement oestroprogestatif et sous traitement par oestrogène seul. Une étude semble confirmer la montée du danger d’AVC ischémique (c’est-à-dire lié à l’obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot, réduisant l’irrigation sanguine dans une zone cérébrale). Des résultats qui vont dans le sens des recommandations actuelles qui incitent à ne pas prescrire ce soin ou à l’arrêter s’il est déjà utilisé chez les femmes ayant déjà eu des AVC ou des AIT (accident ischémique transitoire).

– Thrombose veineuse

Le risque de thrombose veineuse, c’est-à-dire la menace de formation d’un caillot dans une veine provoquant une phlébite ou une embolie pulmonaire) augmente lors de la prise d’un THS, surtout pendant la première année de traitement. Ce danger ne varie pas en fonction du moment du traitement. Une étude française laisse entendre que la voie transdermique pourrait apporter une plus grande sécurité.

Prévenir la prise de poids excessive à la ménopause

Les femmes prennent en moyenne 2 à 2,5kg à la ménopause. Cette prise de poids s’observe particulièrement durant la période de transition entre péri ménopause et ménopause qui dure environ 3 ans. Durant cette période, les kilos ont tendance à s’accumuler dans la région abdominale. Cette accumulation de graisse que l’on nomme “viscérale” augmente les risques d’ AVC.

Les causes sont nombreuses : diminution du taux d’œstrogènes, diminution de la dépense énergétique, nouvelles habitudes de l’alimentation , diminution du métabolisme de base, perte de masse musculaire. On considère que le métabolisme de base, c’est à dire l’énergie dépensée au repos, diminue de 200 calories par jour à la ménopause. Il faut donc moins manger pour que les besoins en calories soient couverts. 

Au sujet de l’hormonothérapie, elle a un effet variable sur le poids et la répartition du tissu adipeux. Alors que certaines dames traitées grossissent, d’autres restent stables voire perdent un peu de poids.