Refouler ses émotions, à long terme, favorise les réactions excessives comme les explosions de colère ou les crises de larmes. Pour mieux comprendre le message de nos émotions et améliorer les relations avec les autres, il est possible d’apprendre à les accueillir pour les exprimer différemment. 

Émotion et sentiment

Une émotion est ce que l’on ressent face à une situation. Elle peut être positive, comme la joie, la satisfaction ou négative, comme la colère, la honte, la jalousie. Un sentiment dure plus longtemps qu’une émotion : c’est un état affectif, c’est-à-dire une manière de se sentir dans son corps, sa tête et son cœur. Les sentiments peuvent aider à grandir, à entrer en relation avec son entourage, ou au contraire rendre malheureux et limiter le contact avec les autres (se retrouver seul). Les animaux et les hommes connaissent six émotions de base. Elles sont dites de base, car elles sont présentes dès la naissance : la joie, la peur, la tristesse, le dégoût, la surprise et la colère. Chez les êtres humains, dans le monde entier, il existe aussi d’autres émotions plus élaborées comme la timidité, la honte, la gratitude et la fierté. Certaines émotions comme la colère sont difficiles à maîtriser. Elles peuvent me pousser à être du côté rouge sur la flèche des émotions.

À quoi sert une émotion ?

Qu’il s’agisse de la joie, de la tristesse, de la colère, du dégoût, de la surprise ou de la peur, ce n’est pas l’émotion qui pose problème, mais l’incapacité que l’on peut avoir à la maîtriser. Elle n’est ni bonne ni mauvaise en soi, c’est ce qu’elle engendre qui peut créer la souffrance. Les émotions sont donc utiles au quotidien puisqu’elles nous permettent de nous protéger et de vivre en société. Cependant, nous avons trop tendance à vouloir les contrôler ou les refouler voir même dans certains cas à vouloir ne rien ressentir du tout.

Accueillir l’émotion en toute bienveillance

Personne n’aime souffrir. Cependant, en voulant enterrer au plus profond de soi ses émotions, elles ressortent à un moment ou un autre de façon tout à fait anarchique. Pour éviter les explosions incontrôlables, plusieurs exercices sont possibles : 

– Accepter et embrasser ses émotions de manière consciente sans lutter ;

– Observer les manifestations physiques et les pensées qui y sont associées ;

– S’autoriser à les exprimer seul ou envers une personne de confiance pour mieux laisser échapper la tension ;

– S’interroger sur ce qui a pu déclencher l’émotion et le moyen de la gérer ;

– Essayer de s’améliorer à chaque fois pour utiliser l’émotion à son avantage.

Si un métier avec un professionnel de santé, comme un psychologue, n’est pas possible, l’écriture ou l’activité physique peuvent être des alternatives à l’expression des émotions.

Sentiments et émotions : quelles différences ?

On pense, à tort, que les sentiments et les émotions se réfèrent à la même chose, mais en réalité, il s’agit de deux notions différentes. L’émotion est un état affectif intense qui se manifeste par une forte perturbation mentale et ou physique (cris, pleurs, éclats de rire, tension) qui empêche de réagir de moyen raisonnable et approprié à l’événement qui l’a provoqué. L’émotion est quelque chose de tellement fort qu’elle a tendance à nous submerger et nous faire perdre nos moyens. Elle est passagère. 

Cette sensation est la prise de conscience d’un état émotionnel. Comme l’émotion, il s’agit d’un état affectif, mais contrairement à elle, il se construit sur des représentations mentales, s’installe durablement chez l’individu et son ressenti est moins intense. Autre différence, il est généralement dirigé vers un élément précis, une situation, une personne, tandis que l’émotion peut ne pas avoir d’objet bien défini.

Les sentiments sont donc des émotions conscientisées par notre cerveau et qui durent dans le temps. Ainsi, la haine est une sensation attisée par la colère (émotion), l’admiration est une sensation nourrie par la joie ou émotion, l’amour est une sensation engendrée par beaucoup d’émotions différentes, l’attachement, la tendresse, le désir.

Les principaux sentiments

Le sentiment amoureux

Il s’agit sans aucun doute de sensation la plus difficile à définir car impossible à décrire précisément. L’amour se caractérise par un certain nombre d’émotions et de ressentis physiques. Il est la conséquence de sensations physiologiques et psychiques intenses qui se répètent et qui ont toutes un point commun : elles sont agréables et addictives. Les émotions telles que la joie, le désir physique, l’excitation, l’attachement, la tendresse, et bien d’autres encore, vont de pair avec la tendresse. Les émotions suscitées se voient physiquement : le rythme cardiaque s’accélère en présence de l’être aimé, les mains deviennent moites, le visage se détend, sourire aux lèvres ou regard tendre.

Amical

L’amour se manifeste par de l’attachement et de la joie. Mais ils se distinguent sur plusieurs points. Il peut être à sens unique, tandis que l’amitié est réciproque, c’est-à-dire partagé par deux personnes qui ne sont pas de la même famille. Aussi, dans l’amitié, il n’y a pas d’attirance physique et de désir sexuel. Enfin, alors que l’amour est irrationnel et peut frapper sans prévenir, l’amitié se construit dans le temps en se basant sur la confiance, la confidence, le soutien, l’honnêteté et l’engagement.

Culpabilité

La culpabilité se traduit par de l’anxiété, du stress et un forme d’agitation physique et mentale. Il s’agit d’un réflexe normal qui survient après s’être mal comporté. La culpabilité montre que l’individu qui la ressent est dans l’empathie et se soucie des autres et des conséquences de ses actes.

Abandon

Il peut avoir des conséquences graves s’il est subi dans l’enfance, car il peut générer une dépendance affective à l’âge adulte. Cela survient quand, étant enfant, un individu a été délaissé ou mal aimé par l’un de ses deux parents ou un être proche. Quand la blessure n’a pas été cicatrisée ou même conscientisée, cette sensation est permanente et influence les choix relationnels, surtout amoureux, de la personne qui en souffre. Concrètement, il se traduit par la peur constante d’être délaissé et un besoin important de tendresse, d’attention et d’affection.

Solitude

Il engendre souvent de la souffrance liée à l’absence de stimulation et d’échange avec autrui. Il peut s’accompagner d’un sentiment d’abandon, de rejet ou d’exclusion de la part des autres, mais aussi d’une perte de sens de la vie.

Le sentiment d’appartenance

Etre reconnu et accepté dans un groupe est très important pour n’importe quel individu, dans le monde entier, il génère de la confiance, de l’estime de soi et aide à définir en tant qu’individu. Sans interactions avec les autres, nous ne pourrions pas savoir comment nous réagissons face à tel ou tel événement ou comment nous nous comportons avec les gens qui nous entourent. Sans les autres, nos émotions ne pourraient pas s’exprimer. 

Pourquoi faut-il exprimer ses émotions au quotidien ? 

Faut-il faire l’effort d’exprimer systématiquement toutes ses émotions ? Pas forcément, mais face à des émotions négatives, le refoulement a parfois des conséquences nocives. Il est donc plus sain de les exprimer, afin de s’en libérer. La capacité d’exprimer ses émotions nous facilite grandement la vie au quotidien.

En effet, une bonne communication constitue la base de relations saines et harmonieuses. Au travail ou en famille, faire part de ses émotions est plus particulièrement utile lorsque nous ressentons de la colère ou de la souffrance. Incapable d’exprimer ces émotions, nous risquons de nous lancer dans un réquisitoire, et la discussion tournera immanquablement au conflit.

Comment réussir à exprimer ses émotions ?

Famille, amis ou conjoint, il arrive fréquemment que nous fassions part de nos émotions à nos proches. Lorsque tout va bien, nous partageons volontiers notre joie et lors de moments plus délicats, le simple fait de s’ouvrir à un confident nous soulage. Cependant, certaines émotions nous submergent régulièrement. Nous les subissons, quand elles nous paralysent et qu’elles nous empêchent d’avancer, sans pour autant parvenir à les surmonter. Il est alors temps d’envisager une thérapie, afin de remonter à la source et de se dégager une fois pour toutes de ce frein.

Si parler peut aider, l’art est aussi un bon moyen de s’exprimer quand les mots ne suffisent pas. Peinture, photographie, chant, musique ou écriture : les activités artistiques sont une alternative efficace pour évacuer ses émotions dans le monde. Et si on n’y a jamais touché ? Voici une bonne occasion de se lancer. S’il est possible de pratiquer une activité artistique en autodidacte, pourquoi ne pas tenter les cours ou expérimenter l’art-thérapie ? On veille cependant à ne pas forcément chercher la performance, en gardant à l’esprit que la priorité est de parvenir à extérioriser ses émotions.

Refouler ses émotions : quels impacts sur la santé et le corps ?

On appelle cela les troubles psychosomatiques : quand l’esprit souffre, la santé et le corps peuvent défaillir. Le lien entre le corps et l’esprit, ou le cerveau, est très fort. Par exemple, lorsque l’on refoule sa peur ou sa peine, on peut ressentir une boule dans l’estomac ou une sensation d’oppression.

Des maux de tête à la dépression :

Généralement, on parle de troubles psychosomatiques lorsque la personne qui en souffre refoule des émotions très intenses, des sentiments qu’elle n’arrive pas à assimiler et qu’elle gère mal. Par exemple, une personne qui ne s’épanouit pas au boulot peut avoir mal à la tête ou au ventre avant d’y aller travailler, se sentir déprimée ou souffrir d’insomnie. Parfois, cette situation de stress peut provoquer des ulcères à l’estomac ou une dépression. Alors, cette personne doit parler de ce qui la dérange et agir avant de tomber malade, c’est-à-dire avant que les troubles psychosomatiques ne se manifestent. Il en de même avec de nombreuses émotions négatives telles que la peine et le chagrin, ou encore la colère, qui peuvent également entraîner le développement de maladies.

Des maladies coronariennes aux maladies de peau :

Le fait de refouler ses émotions pendant un certain temps peut avoir un effet soupape comme sur une ancienne cocotte minute. Les tensions s’accumulent jusqu’à ce que la pression soit trop forte et que la soupape saute et se mette à siffler. Ces tensions et cette pression réprimées finit par ressortir et donc à avoir un impact sur le corps et/ou la santé, en provoquant parfois :

– des maladies coronariennes, la manifestation la plus courante des maladies cardiovasculaires, elle est causée par des lésions au niveau des parois des vaisseaux qui irriguent le cœur, 

– des maux de tête intenses, liées au stress,  

– de l’asthme : le stress et certaines émotions peuvent provoquer une crise d’asthme, 

– des lombalgies, ou maux de dos, l’une des principales causes d’arrêt maladie, presque toujours associés à des problèmes de nature émotionnelle, 

– des problèmes de peau comme l’eczéma, qui se manifeste par des plaques rouges et une sensation de démangeaison, souvent associés au stress.

L’origine des troubles psychosomatiques ou quand l’esprit souffre se retrouve dans le fait de refouler ses émotions très intenses, ses sentiments que l’on n’arrive pas à assimiler et que nous gérons alors de manière négative. Si la tristesse et le chagrin pourraient finir par alimenter les pensées au quotidien, cela peut nous entraîner vers la maladie, des douleurs et d’autres affections produites par l’esprit.

Maladies du foie : le foie représente les choix, la colère, les changements et l’adaptation. On peut souffrir du foie quand on ne parvient pas à s’adapter à des changements, professionnels ou familiaux.

Maladies de la vésicule biliaire : la vésicule biliaire est en rapport avec l’extérieur, la vie sociale, la lutte, les obstacles, le courage.
La glande thyroïde : profonde peine de ne pas avoir pu dire ce qu’on aurait voulu ou une déception ou une injustice n’a pas été « avalée » et est restée en travers de la gorge.

Les hernies

Les genoux : douleurs aux genoux, genoux qui flanchent, genoux qui craquent, douleurs aux ménisques : refus de plier, de se « mettre à genoux » (de se soumettre) de céder, fierté, ego, caractère inflexible ou au contraire, on subit sans rien oser dire, on s’obstine, mais nos genoux nous disent que nous ne sommes pas d’accord avec cette situation.

Les maladies la peau, eczéma, acné, psoriasis

Les maladies de peau ont très souvent, à l’origine, un conflit de séparation mal géré, une séparation mal vécue, soit par la mère, soit par l’enfant, ou la peur de rester seul et un manque de communication. Séparation aussi envers soi-même : dévalorisation de soi vis-à-vis de l’entourage. Porter trop d’attention à ce que les autres peuvent penser de nous.
Les bras : il y a de nombreuses causes émotionnelles liées aux douleurs et aux problèmes de bras. Les bras sont le prolongement du cœur et sont liés à l’action de faire et de recevoir, ainsi que l’autorité, le pouvoir. Les douleurs aux bras peuvent être liées à de la difficulté à aimer ce que je dois faire. Se sentir inutile, douter de ses capacités, ce qui amène la personne à se replier sur elle et à s’apitoyer sur ses souffrances. Se croire obligé de s’occuper de quelqu’un et ne pas se sentir à la hauteur lorsque l’on est le « bras droit » de quelqu’un. Vouloir emprisonner quelqu’un dans ses bras pour l’avoir sous contrôle, mais avoir dû le laisser s’envoler, et ne plus pouvoir l’aimer et le protéger, un enfant, par exemple. Vivre une situation d’échec, devoir baisser les bras.

Les épaules : c’est ce qui porte. Les épaules portent les joies, les peines, les responsabilités, les insécurités. Le fardeau de nos actions et tout ce qu’on voudrait faire, mais qu’on ne se permet pas, ou qu’on n’ose pas. On se rend responsable du bonheur des autres, on prend tout sur soi, on a trop à faire, on se sent écrasé, pas épaulé, pas soutenu. Colère retenue contre un enfant ou une autre personne qui se la coule douce alors qu’on ne se donne même pas le droit de prendre un temps de pause. Au travail ou à la maison, avec son conjoint, on se sent dans l’obligation de se soumettre, on se sent dominé sans oser réagir. On vit de l’insécurité affective, douleur épaule gauche, ou de l’insécurité matérielle (douleur d’épaule droite).

Épaules rigides et bloquées : blocage de la circulation de l’énergie du cœur, qui va vers l’épaule, puis vers le bras, le bras donne, le bras droit et reçoit, le bras gauche.
Ce blocage d’énergie est souvent retenu dans une articulation ou un tissu. L’énergie doit circuler du cœur vers les bras pour permettre de faire, de réaliser ses désirs.
Libérez vos émotions au lieu de les refouler
Alors bien évidemment, on ne dit pas qu’il faut vous lâcher au point d’envoyer paître votre patron en lui présentant votre démission aujourd’hui ! Un peu de mesure et de communication ne fait pas de mal auparavant, ainsi que quelques semaines de mûres réflexions. De même, inutile de laisser exploser un cocktail d’émotions négatives sur votre partenaire si vous avez des problèmes de couple. Libérer ses émotions, oui, mais dans le respect des autres et de leurs émotions également. Alors, en douceur. Si vous avez repéré d’où vient votre stress, votre mal-être, ou vos émotions négatives, ou positives, parlez-en calmement et en toute franchise avec la ou les personne(s) concernée(s). Vous vous sentirez ainsi libéré(e) du poids de ces émotions.

Pourquoi le silence fait-il mal ?

Le silence peut faire sentir mal, car il ne permet pas au cerveau de s’exprimer en limitant les pensées au dialogue intérieur. Rester trop longtemps en silence sans avoir eu la possibilité de s’exprimer fait ressentir la sensation d’exploser. Quand une personne ne laisse pas parler de certaines choses, elle restreint la liberté. À certains moments, il peut être nécessaire de garder le silence, surtout si la personne en question traverse une période difficile. Mais si on empêche toujours de parler, on ne pourra pas les aider et ne fera qu’aggraver leurs ennuis. D’autres fois, cependant, on se tait par peur, surtout lorsqu’on a vécu une expérience douloureuse ou embarrassante. Cependant, il est important de parler des émotions refoulées afin qu’on puisse les exprimer et vivre le moment comme une sorte d’apprentissage. Il arrive de garder certaines situations cachées afin de ne pas créer de nouveaux ennuis. Toutefois, ce n’est pas toujours le meilleur choix. La personne en question peut les avoir découverts d’un autre moyen ou n’avoir pas pu surmonter certains ennuis parce qu’elle n’était pas au courant de ce qui se passait.