Considérez la grossesse comme un processus de santé et aidez la femme à se prendre en main et à être autonome dans sa grossesse. Pour l’obstétricien et gynécologue, il s’agit là de fonctions essentielles d’un professionnel de la santé dans le cadre des soins aux femmes enceintes. Cependant, la pensée, qui devrait être d’un commun accord entre les médecins et les infirmières, n’est pas toujours ce qui se passe dans la pratique. Au Brésil, une femme sur quatre subit une forme d’agression pendant l’accouchement. Les recherches montrent que de nombreuses femmes enceintes brésiliennes ont été soumises à des procédures abusives, mal suivies ou ont subi une forme de violence verbale dans des établissements de santé.

La violence obstétricale ne cause pas seulement des dommages physiques, mais aussi psychologiques et émotionnels. Elle va de l’infirmière qui demande à la femme de ne pas crier à des procédures qui provoquent l’accélération de l’accouchement uniquement pour des raisons médicales. L’important n’est pas seulement de survivre à l’accouchement, mais d’avoir le droit assuré à la femme et à l’enfant de vivre une expérience de grossesse digne, positive et saine – avant, pendant et après l’accouchement.

Qu’est-ce que la violence obstétricale ?

Tout acte qui va à l’encontre de ce qui a été convenu entre la femme enceinte et le médecin lors des soins prénataux ou du plan de naissance peut être qualifié de violence. Et ce n’est pas seulement au moment de l’accouchement que la volonté de la femme doit être respectée : la femme enceinte doit également voir ses droits garantis lors de la période prénatale, du post-partum et de l’avortement.

Le Brésil n’a pas de disposition légale spécifique pour la violence obstétricale, comme c’est le cas dans d’autres pays, tels que l’Argentine et le Venezuela. Mais les normes juridiques actuellement en vigueur dans le pays permettent la répression et la sanction de tels cas. Ainsi, en tenant compte des paramètres et des normes du ministère de la santé en matière de droits de l’homme, la violence obstétricale, dans les réseaux publics ou privés, peut être envisagée :

Pendant la grossesse :

Déni de service ;

Commentaires offensants de toute sorte ;

Programmer une césarienne sans indication clinique ;

Ne pas fournir suffisamment d’informations pour que la femme enceinte puisse prendre ses décisions ;

Négliger la qualité du service.

A la naissance :

Refus d’admission à l’hôpital ;

Empêcher que la naissance soit accompagnée par une personne indiquée par la femme enceinte ;

Effectuer des actes médicaux sans le consentement de la femme enceinte ;

Effectuer des procédures invasives ou inutiles, notamment l’application d’ocytocine et l’épisiotomie ;

Privation d’eau et de nourriture ;

Tout type d’action verbale susceptible d’humilier, d’inférioriser, d’offenser, de rendre une femme vulnérable ou de provoquer l’insécurité ou la peur ;

Empêcher ou retarder le contact de la mère avec l’enfant ;

Empêcher le droit d’allaiter le nouveau-né.

Dans l’avortement :

Déni ou retard de service ;

Menaces, coercition ou reproche à la femme ;

Les questions relatives à la cause de l’avortement, qu’il soit intentionnel ou non ;

Effectuer des procédures médicales invasives ou sans consentement et explication.

Connaître ses droits

Quel que soit le type de soins – qu’ils soient dispensés par des professionnels d’institutions publiques ou privées – chaque femme a droit à des soins prénataux, qui comprennent des examens et des consultations périodiques. L’ensemble du processus de grossesse, du prénatal au post-partum, doit bénéficier de soins de qualité et être réalisé par une équipe de santé formée.

En outre, la femme doit toujours être bien informée des risques, des procédures et des options afin qu’elle puisse être en contrôle et prendre ses décisions en toute sécurité. En ce sens, il est extrêmement important que le médecin fournisse un environnement accueillant afin que la femme se sente à l’aise et dispose d’un espace pour poser des questions et clarifier ses doutes.

Cet espace accueillant et transparent est essentiel pour que les femmes puissent faire le meilleur choix quant au type de naissance, par exemple. Au Brésil, 43 naissances se font par césarienne, mais le taux moyen considéré comme sain par l’OMS n’est que de 15 %. Dans le réseau privé brésilien, les statistiques sont encore plus significatives : 80 naissances sont des césariennes. La plupart de ces césariennes sont pratiquées ou programmées pour répondre aux intérêts du médecin ou de l’hôpital. La césarienne est déconseillée. Si la grossesse ne pose pas de problème, il est important que le bébé naisse à la date où la femme commence le travail. Le choix de la date est beaucoup plus agressif pour l’enfant. En plus de toutes ces informations, la femme a le droit de choisir le type d’accouchement qu’elle considère comme le meilleur, sans avoir à tenir compte des intérêts personnels du médecin.

La position dans laquelle la femme souhaite accoucher doit également être décidée par elle : le médecin ne peut pas intervenir si la meilleure position pour le corps de la femme enceinte n’est pas couchée mais accroupie, par exemple. Des procédures telles que l’application d’ocytocine pour accélérer le travail, l’épisiotomie, l’immobilisation des membres pendant l’accouchement et la privation de nourriture sont également des violences à l’encontre de la femme.

L’épisiotomie, une coupure entre le vagin et l’anus, est une procédure utilisée par les médecins pour accélérer l’accouchement, ce qui peut entraîner des complications futures pour la femme : douleurs, ecchymoses, infection. Selon les directives de l’OMS, les taux d’épisiotomies ne doivent pas dépasser 10 %. Cependant, dans certains pays, ce chiffre atteint 53,5 %.

Comme pour la programmation des césariennes, l’épisiotomie est souvent pratiquée uniquement pour des raisons d’intérêt médical, sans avertissement ni consentement de la femme enceinte ni réel besoin clinique. Cette logique [de priorisation des intérêts du médecin] doit être inversée, le bien-être de la femme et de l’enfant doit passer en premier. La femme a besoin d’être responsabilisée et de connaître ses droits et son corps pour pouvoir vraiment faire un choix éclairé.

Outre les procédures, qui causent des dommages physiques au corps de la femme et de l’enfant, la violence verbale laisse également des traces profondes sur la femme enceinte. Faire en sorte qu’une femme se sente inférieure, en insécurité, humiliée ou offensée de quelque manière que ce soit est une forme de violence aussi grave que les autres.

Que faire en cas de violence obstétrique ?

Les victimes de violences à tout stade de la grossesse ou de l’accouchement, qu’elles soient exercées sur les réseaux de santé publics ou privés, peuvent signaler l’incident – et il est très important qu’elles le fassent. Les rapports peuvent être faits au médiateur de l’hôpital, au conseil médical régional, au ministère public ou au bureau du défenseur public de la région. Des informations et des conseils peuvent également être obtenus en composant le 180.

Y a-t-il eu négligence ou violence de la part du médecin ou d’un autre professionnel de la santé ? Ils peuvent être déclarés nominalement. Mais l’hôpital et le gouvernement local lui-même peuvent être tenus pour responsables du manque de soins, de la négligence ou de la violence à n’importe quel stade de la grossesse et de l’accouchement. Les soins humanisés ne sont pas une exception ou un choix, c’est le droit de toutes les femmes, que ce soit dans le réseau public ou privé.

Projets de sensibilisation

Dans la lutte contre la violence obstétricale, des projets et des groupes ont été créés pour promouvoir le débat et l’échange d’informations afin que les femmes puissent atteindre l’autonomie dans leur grossesse. Consultez certains de ces projets et tenez-vous informé :

1. GAMA – Active Maternity Support Group : Dirigé par l’obstétricienne Ana Cristina Duarte et la psychologue Angelina Pita, le GAMA a pour mission de promouvoir une attitude positive, active et consciente vis-à-vis de la maternité. Sur le site, vous trouverez des articles, des produits et vous pourrez faire connaissance avec des cours qui offrent des informations qui aident à atteindre cette attitude saine et consciente.

2. Principe de naissance : Le Principe de naissance est formé par un réseau de femmes brésiliennes qui vise à promouvoir l’autonomisation des femmes, en se concentrant sur les droits sexuels et reproductifs des femmes. Le réseau produit du matériel d’information sur différents points liés à la grossesse ; des publications sont disponibles sur le site.

3. Groupe Boa Hora : Créé en 2005, le groupe Boa Hora s’adresse aux femmes enceintes et aux couples qui traversent le processus de grossesse. Le groupe cherche à offrir un soutien émotionnel, à partager des informations et à encourager une prise de décision consciente concernant les procédures prénatales, de naissance et de post-partum.

4. L’accouchement sans peur : dirigé par l’obstétricien Alberto Jorge Guimarães, l’accouchement sans peur est axé sur le concept d’accouchement humanisé, et cherche à traiter la grossesse comme un moment de santé et une expérience positive pour la femme.

5. Narrativas do Nascer : Narrativas do Nascer est un groupe de recherche universitaire de l’Université fédérale du Pernambouc. Le groupe, qui prône le respect dans les soins obstétriques comme une norme, est ouvert et vous pouvez y suivre l’échange d’informations et de publications sur l’accouchement et la naissance.

6. Violence obstétricale : la page Facebook compte déjà plus de 5 000 adeptes et utilise l’espace pour partager des informations, des nouvelles et des projets qui mettent la violence obstétricale à l’ordre du jour.

7. 1 en 4 : Le 1 en 4 est un projet produit par la photographe Carla Raiter. L’objectif est d’encourager la réflexion sur le sujet, en matérialisant, par le biais de photographies, les marques laissées sur les femmes qui ont subi un certain type de violence obstétrique.

Il est nécessaire de souligner que chaque femme a droit à des soins dignes, respectueux et de qualité pendant la période de gestation. Débattre du sujet, sensibiliser et dénoncer les cas sont des moyens importants pour lutter contre la violence obstétricale.