Lorsque vous retirez le rapport d’analyse sanguine, si tous les paramètres se situent dans les fourchettes normales respectives indiquées, peut-être ne vous attardez-vous pas trop à essayer d’interpréter les acronymes et les chiffres. Si vous trouvez une valeur en dehors de la fourchette normale, au lieu de cela, vous pourriez vous inquiéter plus que nécessaire. Savoir lire l’analyse de sang est utile pour ne pas se laisser prendre par des angoisses inutiles : voyons comment le faire.

Quand faire un test sanguin ?

Les analyses de sang sont nécessaires pour diverses raisons : le sang, circulant dans tout le corps, permet d’obtenir des informations précieuses sur l’état de santé des différents organes et du corps en général. Les tests sanguins peuvent donc être un outil de diagnostic ou un contrôle de routine sur l’état de santé général, pour évaluer les effets d’une thérapie ou un contrôle à effectuer en vue d’une intervention chirurgicale.

Les tests sanguins sont effectués sur des échantillons prélevés le matin à jeun (un jeûne de 6 à 8 heures est suffisant) et seule de l’eau peut être bue. Le jeûne garantit l’absence de substances interférant avec les dosages.

Dans certains cas particuliers, il est nécessaire de suivre un régime spécifique avant le prélèvement ou d’arrêter le médicament : dans ces cas, il sera du devoir du médecin d’informer le patient. Après la collecte, vous pouvez récompenser le sacrifice par un digne petit déjeuner au bar !

La lecture des résultats

L’une des choses fondamentales à savoir lors de la lecture des analyses, surtout si vous comparez des tests provenant de différents laboratoires, est que les unités de mesure et la plage de normalité de certains paramètres peuvent être différentes (même s’il y a toujours une standardisation des mesures) : différents laboratoires, en effet, peuvent utiliser différentes méthodes de mesure. Par conséquent, si vous comparez les analyses, vous devez bien regarder l’unité de mesure et l’intervalle de référence indiqués par le laboratoire.

Un autre concept à garder à l’esprit pour interpréter correctement les analyses sanguines est celui de la “variabilité biologique”, c’est-à-dire le fait que les fourchettes normales des paramètres sont faites en tenant compte des valeurs les plus fréquemment trouvées dans la population saine, mais certains d’entre nous peuvent être physiologiquement en dehors de la fourchette. Une bonne façon de connaître ses propres valeurs de référence est de comparer les analyses répétées dans le temps, car si une certaine valeur est physiologique, elle a tendance à rester presque inchangée.

Hémochrome : qu’est-ce que c’est ?

L’analyse sanguine la plus demandée est sans aucun doute l’examen hémochromocytométrique, communément appelé hémochrome. Il est utile à la fois pour les tests de routine et dans d’autres cas et permet d’évaluer de nombreux paramètres : le nombre de cellules sanguines, la quantité d’hémoglobine et l’hématocrite.

  • Hématocrite – L’hématocrite (dont l’abréviation est Ht ou HCT) indique le pourcentage du volume sanguin occupé par les cellules sanguines, c’est-à-dire le pourcentage de ce qu’on appelle les corpuscules du sang. Deux facteurs doivent être pris en compte pour une interprétation correcte des données : l’âge et le sexe. Elles sont en effet responsables des différences de valeurs normales : plus élevées chez les hommes que chez les femmes, très élevées chez les nouveau-nés et inférieures à la valeur normale chez les femmes enceintes et les personnes âgées.
  • Hémoglobine – L’hémoglobine, qui dans les rapports est indiquée par l’abréviation Hb, est une protéine présente dans les globules rouges, responsable du transport de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Il est produit dans les précurseurs des globules rouges, dans la moelle osseuse, et reste en grande quantité dans les cellules matures. Les modifications de l’hémoglobine sont connues sous le nom d’hémoglobinopathies, et le dosage de cette protéine peut être utile à la fois pour le diagnostic et le contrôle de la maladie.
  • Hémoglobine glycosylée – Parfois, le médecin peut exiger le dosage d’une forme particulière d’hémoglobine, appelée hémoglobine glycosylée ou glyquée (HbA1c), qui est utilisée pour évaluer la concentration moyenne de glucose dans le plasma au fil du temps. En effet, le glucose se lie à l’hémoglobine dans les globules rouges, qui vivent 120 jours. Il s’ensuit que la mesure de cette forme d’hémoglobine donne une idée des taux moyens de glucose sanguin sur une période relativement longue. Il est utile, par exemple, de vérifier si la thérapie d’un sujet diabétique peut contrôler de manière adéquate la glycémie.

Avec la numération globulaire, on obtient alors le détail du nombre de cellules présentes dans le sang, en les subdivisant par type.

  • Cellules rouges – Les globules rouges (ou érythrocytes) sont les cellules responsables du transport de l’oxygène (des poumons vers tous les tissus) et du dioxyde de carbone (de tous les tissus vers les poumons) dans l’organisme. Leur diminution se retrouve dans certaines maladies où il y a une augmentation de l’hémolyse. Les informations sur la taille et la forme des globules rouges sont fournies par les indices corpusculaires : MCV (volume corpusculaire moyen des globules rouges), MCH (teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine des globules rouges), MCHC (concentration cellulaire moyenne en hémoglobine) et RDW (amplitude de la courbe de distribution des globules rouges).
  • Globules blancs – Les globules blancs (ou leucocytes) sont les cellules responsables de la défense de l’organisme. Dans l’analyse, la formule leucocytaire est toujours indiquée, ce qui permet de voir le nombre de chaque type de globules blancs. En fait, les leucocytes sont divisés en : lymphocytes, monocytes/macrophages, granulocytes neutrophiles, éosinophiles et basophiles). Les infections et les états inflammatoires provoquent une augmentation du nombre de ces cellules, et si nous examinons quel type de globules blancs a subi cette augmentation, nous pouvons émettre une hypothèse sur la cause. Par exemple, les granulocytes neutrophiles ont tendance à augmenter avec les infections bactériennes, tandis que les granulocytes éosinophiles augmentent avec les infections parasitaires et les réactions allergiques. Les lymphocytes, en revanche, ont tendance à augmenter en cas d’infections intracellulaires virales ou bactériennes.
  • Plaquettes – Les plaquettes sont les cellules qui participent à la coagulation du sang. Une diminution des plaquettes peut provoquer des saignements, tandis qu’une augmentation des plaquettes les expose au risque de thrombose.

Ferritine, créatinine, transaminases, et bien plus

Il existe de nombreux tests qui peuvent être exigés par des analyses sanguines. Pour mesurer le temps nécessaire aux globules rouges pour se séparer du plasma (la partie liquide du sang), on a besoin de l’ESR (taux de sédimentation érythrocytaire). Il s’agit en fait d’un test assez peu spécifique, car l’augmentation de l’ESR est associée à de nombreux états cliniques (des processus inflammatoires aux tumeurs). La précision du résultat est également tout à fait relative, mais elle reste nécessaire car, avec d’autres tests, elle peut aider à mieux définir le tableau clinique.

Pour l’évaluation de la coagulation, le dosage du fibrinogène, une protéine qui est activée par la transformation en fibrine, est nécessaire. La valeur du fibrinogène est altérée en cas de saignement et d’infections graves, mais aussi pendant la grossesse.

Pour évaluer la concentration de glucose dans le sang, il faut une glycémie, qui doit être dosée le matin à jeun (glycémie basale). Les altérations de la glycémie basale méritent une analyse approfondie avec des courbes de charge de la glycémie, à effectuer séparément.

Il existe alors une série de paramètres de dosage qui font référence à l’état de santé du foie. La ferritine, par exemple, nous dit quelle est la réserve de fer dans le foie. Les transaminases GOT (ou AST) et GPT (ou ALT) indiquent principalement la présence de lésions hépatiques, car ces enzymes sont très concentrées dans le foie. Toutefois, des niveaux plus faibles de GOT et de GPT sont également présents dans le cœur, les muscles squelettiques et les reins, de sorte qu’ils peuvent également être modifiés en cas de dommages causés à d’autres tissus.

Le cholestérol et les triglycérides sont deux autres paramètres utiles pour étudier l’état du foie, car ce sont des lipides produits par celui-ci. N’oublions pas, cependant, qu’il s’agit également de substances introduites avec le régime alimentaire, donc si elles sont trop élevées, il convient de changer quelque chose dans le régime. Ces graisses, en effet, exposent à un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Pour le cholestérol, dans l’analyse se trouvent les valeurs totales et les valeurs individuelles du LDL (le soi-disant mauvais cholestérol) et du HDL (le soi-disant bon cholestérol).